Aller au contenu

Construire un prévisionnel financier, étape par étape

Le prévisionnel est le cœur chiffré du business plan. C'est lui que votre banquier lit en premier. Voici comment le construire pour qu'il tienne, et qu'il le montre.

Lecture : 8 min

À quoi sert un prévisionnel ?

Un prévisionnel financier traduit votre projet en chiffres sur trois ans, en général. Il répond à trois questions que se pose toute personne qui va vous financer : l'activité sera-t-elle rentable, quand, et de combien d'argent aurez-vous besoin d'ici là ?

Ce n'est pas un exercice de prédiction : personne ne connaît le futur. C'est un exercice de cohérence. Un banquier ne vous reprochera pas une hypothèse prudente ; il vous reprochera des chiffres qui ne se tiennent pas entre eux.

Étape 1 : réunir vos hypothèses

Tout part de quelques hypothèses, qu'il faut pouvoir justifier :

  • Les ventes : quelles offres, à quel prix, combien de clients ou d'unités par mois, avec quelle progression.
  • Les coûts directs : ce que coûte chaque vente (matières, sous-traitance, commissions), souvent exprimé en pourcentage du chiffre d'affaires.
  • Les frais de fonctionnement : loyer, assurances, logiciels, déplacements, communication.
  • Le personnel : salaires bruts et charges sociales, dates d'embauche, rémunération du dirigeant.
  • Les investissements : matériel, aménagements, véhicules, et leur durée d'amortissement.
  • Le financement : apport, prêts (montant, taux, durée), subventions.
  • Les délais de paiement clients et fournisseurs, et le stock : ils déterminent votre besoin en fonds de roulement.
Pour chaque hypothèse, notez d'où elle vient : devis, étude de marché, prix des concurrents, historique. C'est la première chose qu'on vous demandera.

Étape 2 : le compte de résultat

Le compte de résultat répond à la question : l'activité gagne-t-elle de l'argent ? Il part du chiffre d'affaires, retire les coûts directs pour obtenir la marge, puis les charges de fonctionnement, le personnel, les dotations aux amortissements et les intérêts, avant l'impôt sur les bénéfices.

Les soldes intermédiaires de gestion (marge, valeur ajoutée, excédent brut d'exploitation…) permettent de voir où se crée ou se perd la valeur. La capacité d'autofinancement (CAF) indique ce que l'activité dégage réellement pour rembourser et investir.

Étape 3 : le plan de trésorerie

Une entreprise rentable peut faire faillite faute de trésorerie. Le plan de trésorerie suit, mois par mois, ce qui entre et ce qui sort réellement du compte en banque : encaissements clients (avec leurs délais), TVA collectée et reversée, salaires, remboursements d'emprunt, investissements.

C'est souvent ici que se révèle le vrai besoin de financement : le point le plus bas de la trésorerie dans les premiers mois.

Étape 4 : le bilan

Le bilan photographie, à la fin de chaque exercice, ce que l'entreprise possède (actif) et comment c'est financé (passif). Il doit être équilibré : actif = passif, au centime. Un bilan qui ne tombe pas juste est le signe immédiat d'une incohérence quelque part dans le prévisionnel.

Étape 5 : vérifier la cohérence

Les trois états sont liés : le résultat alimente les capitaux propres du bilan, la trésorerie de fin de période devient la ligne « disponibilités » de l'actif, les emprunts remboursés réduisent les dettes. Si vous les construisez séparément dans un tableur, la moindre modification d'hypothèse oblige à tout revérifier.

Les erreurs qui font tiquer un banquier

  • Un chiffre d'affaires qui démarre à plein régime dès le premier mois.
  • Une rémunération du dirigeant oubliée ou symbolique pendant trois ans.
  • La TVA ignorée dans la trésorerie.
  • Des délais de paiement clients à zéro jour.
  • Un bilan déséquilibré, ou des états qui ne se correspondent pas.
  • Un seul scénario, sans mesure de ce qui se passe si les ventes sont 20 % plus faibles.

France ou Algérie : ce qui change

La logique est la même, mais le cadre diffère : PCG et impôt sur les sociétés (IS) en France, SCF et impôt sur les bénéfices des sociétés (IBS) en Algérie, avec des taux de TVA et des organismes sociaux différents. Voir le comparatif détaillé.

Et après le financement ?

Le prévisionnel ne devrait pas finir dans un tiroir. Une fois le projet lancé, il devient votre référence : comparer chaque mois le réel au prévu est le meilleur moyen de repérer une dérive avant qu'elle ne coûte cher. C'est précisément ce que permet le mode Pilotage de Cairn.

Votre plan mérite d'être suivi, pas rangé dans un tiroir.

Construisez un prévisionnel crédible, puis pilotez son exécution, dans le même outil. Gratuit pour commencer.